l'événement

Le directeur d'hôpital risque d'être ligoté de toutes parts

 Le texte tel qu'il est proposé aujourd'hui serait une réforme pour rien.



"Le directeur d'hôpital risque d'être ligoté de toutes parts"


Pourquoi rejetez-vous les amendements portés par le sénateurs avec l'accord du gouvernement ?

Notre syndicat, qui représente 51 des directeurs des hôpitaux, n'est pas hostile à des amendements d'équilibre pour rassurer le monde médical. Mais le texte tel qu'il est proposé aujourd'hui serait une réforme pour rien. Les cosignatures et décisions conjointes qui sont prévues vont aboutir à des compétences liées. Si le directeur se retrouve ligoté de toutes parts, il ne pourra être retenu pour responsable. On resterait dans la situation actuelle,où tout le monde décide et personne n'est responsable.

Quels sont les points qui vous paraissent les plus dangereux ?

Les contrats que le directeur passera avec le chef de pôle sont des outils majeurs de pilotage des établissements. Or le Sénat et le gouvernement prônent désormais la cosignature du président de la commission médicale d'établissement, qui représente les médecins, et du doyen dans le cas des CHU. C'est en retrait par rapport à ce qui existe aujourd'hui ! On complexifie au lieu de clarifier la chaîne des responsabilités. Où est la réforme ? Il faut sur ce point revenir à l'esprit du texte voté par l'Assemblée nationale. L'autre grand problème concerne le directoire, qui change de nature au terme des travaux de la commission : on nous dit qu'il va rendre des avis et devenir décisionnel. Nous ne sommes pas contre, mais à condition de revoir sa composition, pour que les gestionnaires de l'hôpital y soient plus présents.


Les médecins craignent que des décisions médicales importantes soient prises sans leur accord...


Cette peur est irrationnelle. Des exemples de tyrannie de directeur, il n'y en a quasiment aucun. La fonction de directeur d'hôpital repose sur l'écoute et le dialogue. Mais il faut un arbitre quand les intérêts sont divergents, si on ne veut pas que l'hôpital devienne une tour de Babel où plus de 100 professions différentes cohabitent, sans possibilité de dénouer les blocages. Et cet arbitre ne peut être que le directeur. Le paradoxe, c'est que le directeur d'un hôpital, qui gère plusieurs milliers de salariés, jouit de prérogatives bien moindres que le directeur d'une minuscule clinique. Attention à ce que les hôpitaux ne retrouvent pas sans outils nouveaux face à la concurrence de plus en plus féroce du privé.


› PROPOS RECUEILLIS PAR VINCENT COLLEN

  • Envoyer à un ami
  • Ecrire à la rédaction

Haut de page

Plan du site | Contact | Moteur de Recherche | Crédits & Copyright | Mentions légales