L'actu
Le snch dénonce la chasse au directeur
Le service de gynécologie-obstétrique du CH de Decize fermera prochainement, suite au départ à la retraite de son chef de service. Cette décision difficile et courageuse a été prise par le directeur et la CME, faute de remplaçant suffisamment qualifié au médecin partant.
Une chasse à l’homme et des violences inacceptables
L’annonce de cette fermeture a déclenché une véritable chasse à l’homme contre le directeur de l’établissement. Création d’un site face-book où les propos haineux à son endroit se multiplient. Appel à la manifestation par le maire de la ville, par ailleurs président du conseil d’administration. Marche des manifestants contre le directeur, qui a du quitter la ville pour leur échapper. Déversement de fumier devant son domicile.
Le snch dénonce ces agressions intolérables contre un homme qui fait son devoir pour assurer la sécurité des parturientes de Decize.
L’illusion de la fausse sécurité
Il est confortable et rassurant d’avoir une maternité à proximité de son domicile. Encore faut-il qu’elle dispose des moyens nécessaires à son bon fonctionnement. Et notamment de médecins de qualité suffisamment nombreux pour assurer la permanence des soins.
Vouloir maintenir une maternité à tout prix, même quand les conditions de sécurité ne sont plus réunies, c’est faire courir un risque irresponsable aux femmes enceintes.
La communauté médicale et le directeur de Decize ont fait le choix de la raison.
Une mauvaise réponse à un vrai problème
Les habitants de Decize et leurs édiles ont raison de craindre la création d’un désert médical. Mais au lieu d’agresser un homme contraint de gérer la pénurie, ils devraient s’interroger sur les vraies responsabilités.
Durant des décennies les pouvoirs publics ont limité le nombre d’étudiants en médecine pour diminuer le nombre de médecin. Cette politique n’a pas été accompagnée de son corollaire indispensable : une limitation de la liberté d’installation.
Le résultat est là : l’accès aux soins de nombreux français devient chaque jour plus difficile, quand d’autres ont l’embarras du choix. Les directeurs et les médecins hospitaliers le déplorent, mais ils n’ont pas la réponse à ce problème. Elle appartient au législateur, au ministère, aux ARS. Elle appartient aussi aux élus locaux qui doivent comprendre que le splendide isolement est suicidaire pour les établissements de santé.
Le snch refuse que les directeurs soient les boucs émissaires des restructurations
Personne en charge du dossier :
Délégation nationale
Tél : 01 40 27 52 58