| SUJET : HOPITAL SARKOZY DISCOURS REACTIONS SYNDICATS MEDECINS |
| TITRE : Plusieurs syndicats de personnels hospitaliers contestent le discours de Nicolas Sarkozy |
PARIS, 17 octobre 2007 (APM) - Plusieurs syndicats de personnels hospitaliers, non médicaux et médicaux, ont contesté, dans des communiqués, le discours sur l'hôpital prononcé par le président de la République, mardi au CHU de Bordeaux.
Pour la fédération CGT de la santé et de l'action sociale, ce discours traduit "une offensive libérale" dont les hospitaliers "font déjà les frais".
Le syndicat dénonce tout particulièrement "la rengaine habituelle sur l'immobilisme du service public" et la révolution managériale à l'hôpital, évoquée par Nicolas Sarkozy, qui obligera les personnels à "travailler longtemps et beaucoup".
Il déplore l'absence d'annonces concernant les "moyens supplémentaires, l'amélioration des conditions de travail, les mesures pour la formation, la réduction de la précarité, les créations d'emplois et les dispositifs pour combler les postes vacants".
Estimant que les propos du président ont été "anesthésiants avant le grand dépeçage de l'hôpital public", Sud santé sociaux confirme son appel à la grève pour jeudi, dans un communiqué séparé.
Le syndicat estime que la vision de l'hôpital exprimée par Nicolas Sarkozy consiste en une "réduction des moyens" et se traduira par la poursuite des fermetures d'établissements.
Rappelant que les personnels hospitaliers ont accumulé "des dizaines de milliers d'heures supplémentaires non financées", Sud souligne que le slogan "travailler plus pour gagner plus" est "en dehors des réalités hospitalières".
Il déplore en outre que les "exigences" des personnels aient été oubliées.
La fédération CFTC santé et sociaux indique de son côté qu'elle "ne partage pas l'idéologie libérale" apparaissant dans le discours présidentiel, pas plus que "les outils proposés comme la tarification à l'activité à 100%, le contrat de gré à gré sans encadrement ou l'intéressement individuel".
"Comment aujourd'hui dire à une infirmière que pour être reconnue, elle devrait accepter de travailler plus longtemps pour bénéficier de sa retraite et faire plus d'heures par semaine?", demande-t-elle.
La CFTC se montre également en désaccord à la proposition visant à convertir des jours dans les comptes épargne temps (CET) en cotisations pour financer des retraites complémentaires. "Comment accepter que le CET serve à construire sa propre retraite complémentaire là où l'employeur fait défaut?", s'interroge-t-elle en se prononçant pour une monétarisation du CET.
En ce qui concerne les statuts, la CFTC reconnaît qu'ils sont "lourds à porter" et demande qu'un processus de "clarification" et de "simplification" soit engagé.
Le Syndicat national des cadres hospitaliers (SNCH) souligne d'abord pour sa part que le discours de Nicolas Sarkozy consacré spécifiquement à l'hôpital "manifeste une volonté politique inédite au plus haut niveau de l'Etat".
Le SNCH juge que plusieurs éléments du discours, comme "la volonté de donner plus d'autonomie à l'hôpital", l'extension de la T2A et l'affirmation de la contractualisation comme outil de management, sont "positifs".
Toutefois, soulignant que plusieurs grandes réformes à l'hôpital "ont accouché d'une souris", il indique qu'il "jugera sur les actes et sur la cohérence globale" des actions qui seront effectivement engagées.
Il demande en particulier que toute réflexion sur le recrutement du corps des directeurs résulte "d'une clarification préalable et véritable du pilotage de l'hôpital" et prévient qu'il "n'acceptera pas que les directeurs soient la variable d'ajustement d'un hôpital immobile".
LES SYNDICATS MEDICAUX DECUS OU PERPLEXES
Du côté médical, la Confédération des praticiens des hôpitaux (CPH) et l'Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH) soulignent, dans un communiqué commun, que le président de la République a énoncé plusieurs principes qui sont "incontestés", comme le calendrier de mise en place des Agences régionales de santé (ARS) ou l'application de la T2A au moyen séjour et à la psychiatrie.
"Pour autant, le président n'a pas parlé de budget, n'a pas proposé de moyens supplémentaires ni aux 75% des établissements hospitaliers en déficit ni pour payer les heures supplémentaires, les comptes épargne temps (CET) ou les revalorisations qu'il juge pourtant nécessaires", déplorent-ils.
Les deux organisations jugent que le discours s'est montré "décevant" sur l'organisation et le fonctionnement de l'hôpital public
En particulier, ils qualifient d'"inadmissible" la partie consacrée à l'avenir de la médecine hospitalière qui a mis en avant "la piste de la déréglementation statutaire, la valorisation de la part complémentaire variable et la promotion des contrats de gré à gré entre directeur et praticien".
Le président de la Coordination médicale hospitalière (CMH), François Aubart, interrogé mercredi par l'APM, se déclare pour sa part "perplexe" devant "la multiplicité des annonces et des objectifs".
"Il y a plusieurs annonces fortes depuis six mois. Or aucune ne s'est concrétisée", fait-il remarquer en évoquant en exemple le problème des heures supplémentaires non payées et des CET.
"Les nouveaux objectifs vont-ils déboucher sur des actes?", s'interroge-t-il.
S'agissant des déclarations sur l'autonomie des établissements, François Aubart indique que si l'on veut donner de l'autonomie aux établissements, il faut aussi avoir des directeurs d'hôpital qui aient la capacité de l'assurer. "Ce n'est actuellement pas le cas. Le corps des directeurs est faible", affirme le président de la CMH.
Il déplore par ailleurs que le chef de l'Etat n'ait pas évoqué l'instauration de "contre-pouvoirs" à l'autonomie des établissements, en termes d'organisation territoriale. Seule une bonne organisation territoriale au niveau régional pourra assurer "une cohérence d'ensemble", estime-t-il.
Le président de la CMH précise que contrairement à bon nombre de hauts responsables hospitaliers ou de leaders syndicaux, il ne s'est pas rendu volontairement à Bordeaux mardi car il préfère être "audité plutôt qu'auditeur".
Interrogé sur la composition de la commission Larcher, il note qu'elle a été arrêtée après "de nombreuses semaines de tractations et de pondérations". "Je ne retrouve pas forcément dedans le volontarisme et l'efficacité qui devront être portées par Gérard Larcher", indique-t-il.
san/ld/APM polsan
redaction@apmnews.com
SNKJH001 17/10/2007 16:47 ACTU |
Copyright APM - Tous droits réservés.
|